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par Laurent

Limiter le risque fiscal des associations de spectacle vivant

janvier 21, 2010 dans Arts & spectacles, Prévention par Laurent

Un rescrit rendu par l’administration fiscale (N°2008/25 du 04/11/2008) précise les conditions à remplir par les associations de création artistique pour échapper aux impôts commerciaux.

Ce texte vise les associations de création artistique qui ont un rôle d’animation de la vie sociale et culturelle. Elles atteignent ces buts par la production d’oeuvres, de spectacles, par l’organisation de manifestations artistiques, par la diffusion des oeuvres produites, par des actions de formations, par l’encadrement de pratiques amateurs, etc…

Pour déterminer si l’association peut échapper aux impôts commerciaux, il est fait tout simplement application de la méthode décrite dans l’instruction de décembre 2006 (celle que j’explique ici). Toutefois certaines précisions sont données qui ne manqueront pas d’intéresser bon nombres d’associations culturelles dans des disciplines telles que les arts plastiques, les arts de la rue, du cirque, de la danse, de la musique, du théâtre.

Attention aux risques de requalification en présence d’un programmeur ou d’un directeur salarié

Sous réserve de l’application des mesures de tolérance précisées par l’instruction 4 H-5-06, la gestion doit être désintéressée. Les dirigeants, de droit ou de fait, doivent exercer leurs fonctions à titre bénévole.
Le recours à un directeur salarié, qui peut participer à titre consultatif au conseil d’administration, n’est pas de nature à remettre en cause le caractère désintéressé de la gestion de l’organisme dès lors que le conseil d’administration détient un pouvoir de nomination et de révocation du directeur et en fixe la rémunération.

Néanmoins, en raison de la spécificité de l’activité artistique, il est admis que le directeur dispose d’une grande liberté pour la gestion de l’organisme, notamment en matière d’orientation artistique, sans que la gestion désintéressée soit remise en cause.
Inversement, lorsque le directeur, membre ou non du conseil d’administration, se substitue à lui pour la définition des orientations majeures de l’activité de l’organisme, sans contrôle effectif de ce conseil, ou fixe lui même sa propre rémunération, il sera considéré comme dirigeant de fait entraînant par là même la gestion intéressée de l’organisme.

Une présomption de non-lucrativité, mais…

La spécificité des associations de création artistique est la production d’oeuvres originales, expérimentales ou innovantes dans le cadre d’un projet culturel et artistique global clairement affiché. Ces associations qui sont des compagnies, des troupes, des collectifs ou des groupements réunis autour d’artistes ont pour objet le développement de performances artistiques qui n’ont en général pas vocation à être exploitées commercialement. Selon l’administration, ces associations sont en principe non concurrentielles. Mais le texte précise malgré tout que « néanmoins, si ces associations exerçaient leurs activités en concurrence avec des entreprises du secteur concurrentiel, il conviendrait d’étudier les critères dit des « 4 P » ».

Afin de vérifier qu’une association réalise une activité non-lucrative bien qu’elle soit en concurrence avec des entreprises du secteur lucratif, il convient d’analyser le produit offert, le public visé, le prix pratiqué et les méthodes commerciales mises en oeuvre, étant précisé que le fait que des participants soient rémunérés pour leurs prestations ne doit pas conduire à éluder l’étude des différents critères de non-lucrativité sous réserve, bien entendu, du respect de l’étape n° 1. Ces critères qui constituent un faisceau d’indices sont classés en fonction de l’importance décroissante qu’il convient de leur accorder.

Vérification de l’utilité sociale des activités selon le critère des 4P

a) Produit :
Une association pourra notamment se distinguer d’une entreprise commerciale dès lors qu’elle :
- propose des créations artistiques, c’est-à-dire des oeuvres dont la caractéristique artistique est d’être innovante ou expérimentale et de connaître une faible notoriété. Dans tous les cas, les oeuvres proposées ne s’inscrivent pas dans une exploitation de type commercial (réseaux de grande diffusion organisée et exploitation médiatique) ;
- propose des créations d’artistes amateurs ou professionnels sans moyens financiers et dont la notoriété ou le projet artistique est à établir. Ces artistes trouvent souvent au sein de ces associations l’occasion unique de produire et de diffuser leurs oeuvres ;
- développe et organise autour de la production artistique un projet éducatif et d’action culturelle clairement identifié en direction de populations spécifiques issues des quartiers défavorisés ou de zones rurales sous-équipées et mal pourvues en offre culturelle et artistique ;
- fonctionne grâce à la participation active de bénévoles dans la production et la valorisation des créations artistiques.

b) Public :
Les créations artistiques proposées peuvent s’adresser à tout type de public de manière indifférenciée. Néanmoins, les actions que les associations peuvent mener auprès de publics défavorisés issus de quartiers ou de zones rurales sous-équipés et mal pourvus en offre culturelle et artistique, en leur permettant d’assister aux spectacles et aux animations proposées et/ou de participer à l’organisation même des activités permettent de considérer que ce critère est rempli.

c) Prix :
Lorsque la prestation artistique ou l’oeuvre est acquise par une collectivité (collectivités locales, entreprises) le critère relatif au prix ne peut être considéré comme un critère de différenciation.
Lorsque le public participe au financement de la prestation artistique (notamment lors de spectacles), les prix proposés doivent être dans tous les cas inférieurs d’au moins un tiers au prix proposé par les organismes du secteur concurrentiel et peuvent être modulés en fonction de la situation des spectateurs.

d) Publicité :
Les associations peuvent proposer des opérations d’informations (plaquettes de présentations, publipostages, affiches, site internet, etc…), notamment pour informer les personnes auxquelles s’adressent les créations qu’elles réalisent, sans que soit remise en cause leur non-lucrativité à condition que les moyens mis en oeuvre ne puissent s’assimiler à de la publicité par l’importance et le coût de la campagne de communication.

Caractère lucratif et marchés publics

Compte tenu des contraintes fixées aux collectivités par l’application du code des marchés publics, ces activités font parfois l’objet d’un appel d’offres public donnant lieu à la conclusion d’un marché. Cet état de fait ne permet de conclure à l’existence d’une concurrence réelle que si des entreprises commerciales participent à ces appels d’offre de manière habituelle.
Il est précisé à titre d’exemple que la situation fiscale des centres nationaux de création musicale doit être appréciée au regard des principes ci-dessus dégagés.

par Laurent

Contribuez à l’intérêt général en la jouant solidaire

janvier 20, 2010 dans Conseils pratiques, Prévention par Laurent

Il faut se rendre à l’évidence : le monde associatif dans son ensemble entre dans une période de fortes turbulences. Pas un des secteurs associatifs qui à son tour ne déclare connaître des difficultés de financement ou une forte incertitude sur l’avenir. Les dirigeants associatifs se trouvent face à des choix stratégiques.

Jouez « collectif et solidaire »

Face à la crise, deux attitudes s’offrent aux personnes : le repli sur soi ou, au contraire, le renforcement des solidarités collectives. Parce qu’elle réunit un groupe de personnes partageant des valeurs ou des intérêts communs, l’association est le lieu privilégié pour instaurer de nouvelles solidarités. Réfléchissez donc à la politique tarifaire de l’association : n’est-ce pas le moment de travailler à un système de quotient familial ou à une modulation tarifaire en fonction de la situation personnelle ? N’existe-t-il pas certains avantages dont l’association pourrait faire bénéficier ses membres (dans le respect des statuts, évidemment) ? Les publics touchés par l’association ne peuvent-ils pas être élargis à des catégories fragilisées par la crise ? Les activités associatives ne peuvent-elles inclure une nouvelle dimension de solidarité avec les personnes, adhérentes ou pas ?

par Laurent

Ouvrez-vous à de nouveaux horizons

janvier 18, 2010 dans Conseils pratiques, Prévention, Traitement des difficultés financières par Laurent

Il faut se rendre à l’évidence : le monde associatif dans son ensemble entre dans une période de fortes turbulences. Pas un des secteurs associatifs qui à son tour ne déclare connaître des difficultés de financement ou une forte incertitude sur l’avenir. Les dirigeants associatifs se trouvent face à des choix stratégiques.

Imaginez de nouvelles alliances

A plusieurs, on fait plus facilement face à la morosité. Si on peut espérer que la crise passera relativement vite (ce que je ne crois pas), il en restera de toutes manières un contexte économique et financier profondément modifié pour les associations. Dans de nombreux secteurs déjà touchés par la raréfaction des financements publics, un mouvement de restructuration est à l’oeuvre. Les associations se regroupent, fusionnent, mettent en commun moyens et/ou activités.

Vous-aussi, imaginez de nouvelles alliances. Renseignez-vous à propos du paysage associatif de votre région, découvrez les structures qui ont des activités identiques aux vôtres et allez à la rencontre des dirigeants de structure voisines par affinités ou proximité géographique.

par Laurent

Réduisez vos coûts fixes

janvier 17, 2010 dans Conseils pratiques, Prévention, Traitement des difficultés financières par Laurent

Il faut se rendre à l’évidence : le monde associatif dans son ensemble entre dans une période de fortes turbulences. Pas un des secteurs associatifs qui à son tour ne déclare connaître des difficultés de financement ou une forte incertitude sur l’avenir.

La crise économique et financière frappe l’économie alors que les associations avaient déjà un genou à terre, du moins toutes celles tributaires du financement discrétionnaire de l’Etat. Le désengagement massif de l’Etat ne date pas d’hier : décentralisation des compétences de l’Etat et RGGP ont déjà mis bon nombre d’associations au « pain sec », certaines s’en trouvant en grandes difficultés.

Privilégiez la flexibilité

En période d’incertitude, la gestion prudente exige de réduire les charges fixes ou -au moins- d’éviter de les augmenter. Tant que l’horizon financier de votre association n’est pas dégagé, décalez dans le temps toutes les décisions qui auraient pour conséquences d’augmenter les charges fixes de la structure : embauche en CDI, nouveaux abonnements, crédits bancaires, etc…

Si vous n’avez pas le choix (mais vous l’avez certainement), privilégiez des durées courtes pour vos engagements.

par Laurent

Adapter le train de vie de l’association

janvier 16, 2010 dans Conseils pratiques, Prévention, Traitement des difficultés financières par Laurent

Il faut se rendre à l’évidence : le monde associatif dans son ensemble entre dans une période de fortes turbulences. Pas un des secteurs associatifs qui à son tour ne déclare connaître des difficultés de financement ou une forte incertitude sur l’avenir. Les dirigeants associatifs se trouvent face à des choix stratégiques.

Donnez un tour de vis au budget

Que votre budget pèse quelques centaines d’euros ou des dizaines de milliers, c’est le moment d’adopter une taille de guêpe. Identifiez les postes de dépenses qui ont dérapé sur le dernier exercice, mobilisez les bénévoles responsables des achats de l’association. Vous pouvez également adopter la technique du budget base zéro qui consiste à repartir « de zéro » pour se demander quelles dépenses sont réellement indispensables au fonctionnement de votre association.

par Laurent

Préparez-vous au pire

janvier 5, 2010 dans Aspects juridiques, Conseils pratiques, Prévention, Traitement des difficultés financières par Laurent

Il faut se rendre à l’évidence : le monde associatif dans son ensemble entre dans une période de fortes turbulences. Pas un des secteurs associatifs qui à son tour ne déclare connaître des difficultés de financement ou une forte incertitude sur l’avenir. Les dirigeants associatifs se trouvent face à des choix stratégiques.

Envisagez le pire …

Si votre structure est déjà fragilisée ou que le futur désengagement de vos partenaires commence à se préciser, envisagez avec votre équipe un scénario-catastrophe et réfléchissez d’ores et déjà aux solutions de sorties qui « limiteront la casse » : possibilités de reclassement des salariés, remunicipalisation des activités, fusion avec une structure voisine…

Envisagez toutes les initiatives dans le domaine financier avec la plus extrême prudence, en évitant toute fuite en avant.

En restant convaincu qu’il n’est jamais certain

En période d’incertitude, le principal danger, c’est la morosité qui décourage les initiatives et démotive les personnes. Faites en sorte dans votre association de ne pas céder à cette morosité ambiante. Une fois les mesures prises pour sécuriser le fonctionnement financier, attachez-vous à préserver le mode de fonctionnement qui a fait le succès de votre association : « dans la joie et la bonne humeur ».

Ouvrez votre association sur de nouveaux horizons, de nouveaux partenariats. Recentrez-vous sur votre cœur de métier et adoptez de solides dispositions pour mettre en œuvre une gestion plus rigoureuse.